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Les interactions
sexuelles entre un adulte et un mineur sont au
cœur des préoccupations de notre société. La réalité est en
effet incontournable : Les enfants, filles ou garçons, sont
aux yeux de certains adultes, des objets sexuels. Les
chiffres publiés par l'observatoire de la délinquance (OND)
dans son rapport 2006 sont tristement éloquents. Pour la
seule année 2005, sur les près de
23900 faits de violences
sexuelles
enregistrées par les
services de police, et les unités de gendarmerie, plus de
60% concernaient des mineurs. Parmi ces faits concernant les
mineurs, 5581 étaient des viols et 9132 des agressions et
harcèlements sexuels. Et ces chiffres déjà scandaleux, ne
rendent pas compte de la totalité des interactions sexuelles impliquant des
mineurs. Elaborées à partir de
l état
4001,
ces statistiques ne concernent en effet que les plaintes
déposées par les victimes et les faits directement constatés
par les services répressifs. Les enquêtes de victimisation,
qui seules permettent d'appréhender la réalité de la
criminalité sexuelle, révèlent que celle-ci est
malheureusement nettement plus importante. Au
nombre des questions induites par le traitement judiciaire de
ces interactions, celles relatives à la parole de l'enfant
et aux expertises psychiatriques, occupent le devant de la
scène médiatique. Se trouve ainsi occultée la question,
pourtant essentielle, du sort réservé par la loi pénale
française aux allégations des adultes poursuivis aux
termes desquelles l'enfant aurait consenti à l'interaction,
voire en serait l'initiateur ; allégations d'autant plus
fréquentes que la pratique révèle qu'un enfant ne s'oppose
que rarement à un adulte qui tente de l'impliquer dans une
interaction sexuelle, que ce lui-ci soit un parent, un
familier ou un inconnu.
Pour les psychiatres,
les psychologues et les sociologues, il ne fait aucun doute
qu'un enfant ne peut consentir à une interaction sexuelle
avec un adulte. Ils expliquent en substance, que la relation
adulte/enfant, structurellement inégalitaire en termes de
connaissance et de pouvoir, interdit à ce dernier l'émission
d'un consentement qui suppose, d'une part, que son auteur
sache ce à quoi il consent, d'autre part, qu'il soit
pleinement libre de dire oui ou de dire non.
En
1932 déjà, SANDOR FERENCZI, dans un exposé intitulé
"Confusion de langue entre les adultes et l'enfant, le
langage de la tendresse et de la passion ,
mettait en lumière une irréductible différence entre les
jeux des enfants, prendrait- ils une forme érotique, et les
désirs d'une personne ayant atteint la maturité sexuelle".
Plus récemment, DAVID FINKELOR sociologue américain,
rappelant que parmi ces faits concernant les mineurs, 5581
étaient des viols et 9132 des agressions et harcèlements
sexuels. Et ces chiffres déjà scandaleux, ne rendent pas
compte de la totalité des interactions sexuelles impliquant des
mineurs. Il exposait que
l'enfant , même s'il donne l'impression de consentir par sa
passivité, voire de coopérer, est en réalité incapable, de
consentir à une interaction sexuelle avec un adulte, et ce, pour la simple raison qu'il est un enfant. Il rappelait
que l'état d'enfant se caractérise par un défaut
d'information et une absence de pouvoir. Le défaut
d'information, expliquait-il, tient à ce que l'enfant, à
supposer même qu'il ait quelques connaissances biologiques
et physiologiques, n'est pas averti de la signification
sociale de la sexualité. Ainsi, à supposer même qu'un enfant
aime un adulte, apprécie les sensations physiques qu'il
ressent et, sur ces bases, prenne une décision, son
consentement ne sera pas éclairé dés lors qu'il ne dispose
pas des connaissances qui sont celles de l'adulte quand à la
sexualité et à ce vers quoi il l'engage. Le défaut de
pouvoir, expliquait encore David FINKELOR, tient, non
seulement à ce que l'enfant, légalement, n'a pas, de volonté
libre, mais encore et surtout, psychologiquement, il a les
plus grandes difficultés, à s'opposer aux adultes qui
contrôlent les ressources essentielles pour lui : nourriture,
argent, liberté. Ce manque de liberté, ajoutait-il, est tout
particulièrement sensible lorsque l'adulte qui sollicite
l'enfant est un parent, un proche ou toute autre figure
importante dans la vie de celui ci, comme c'est souvent le
cas.
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